Recyclage : la grande illusion
Voici la réaction de notre groupe citoyen, Opération Verre VERT de Racine, suite au reportage de RDI intitulé « Recyclage : la grande illusion ».
Éco-Entreprises-Québec (ÉEQ) nous noie depuis des mois dans de la publicité massive sur les avantages du statu quo dans notre mode de récupération : on met tout pêle-mêle dans le bac bleu. Elle flatte la responsabilité collective des Québécois en ce domaine, elle essaie de culpabiliser les individus négligents, elle vante la générosité et les mérites de son organisation. Grâce à ses bons soins, tout va très bien, madame la marquise !
Mais il y a un hic : on ne parle jamais de ce qui se passe après que la bouteille, le papier ou le plastique ont été précieusement déposés dans le bac de « récupération ». Qu’arrive-t-il de ce qu’il y a dans le bac ? Qu’advient-il de ce qui en sort ? Est-ce que les matériaux peuvent être réutilisés à leur pleine valeur ? Est-ce que les matières récupérées sont recyclées de manière adéquate ? De fait, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel du MDDELCC, déclarait le mercredi 13 avril à la Commission parlementaire d’étude des crédits budgétaires : « C’est un constat d’échec (…), 60 % de nos bouteilles de vin s’en vont dans les sites d’enfouissement. »
Nous savons bien, et eux aussi que la récupération n’est qu’une première étape nécessaire. La responsabilité légale des producteurs dépasse largement cette étape. Elle implique que les matières produites par les entreprises soient non seulement récupérées, mais recyclées à leur pleine valeur. Ce qui n’est pas possible avec le bac pêle-mêle d’ÉEQ. Selon la directrice générale du centre de tri de la Yamaska, on ne peut alors trier le verre à sa pleine valeur.
Est-ce que, par hasard, l’insistance sur la récupération ne camouflerait pas le fiasco du recyclage. Nous mettons ÉEQ au défi de faire la preuve que le recyclage est réussi au Québec. À défaut d’une réponse adéquate, nous serons en droit de penser que l’organisme ne défend que ses intérêts corporatifs et n’a aucune préoccupation pour l’impact écologique et économique de sa position.
Opération Verre VERT de Racine.
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