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En pleine pénurie de main-d’œuvre

Il attend son permis de travail avec impatience

durée 31 juillet 2022 | 04h00
Par Ghislain Allard

Journaliste

Windsor — Français d’origine, Frédéric Vio, marié avec une Québécoise, a bien de la difficulté à obtenir son permis de travail. Ainsi, tous les six mois, parce qu’il possède seulement un visa touristique, il doit retourner là-bas pour ensuite revenir au Québec.

Et sa vie se déroule ici à Windsor. Il est marié à Julie Leblanc. « J’ai fait des démarches pour être résident permanent et pour obtenir un permis de travail. Ça fait deux ans et j’attends toujours », déplore M. Vio. 

Il habite en permanence à Windsor depuis le 3 juin 2021. « Je suis obligé de partir tous les six mois parce que je n’ai qu’un visa touristique. J’ai fait appel à un consultant agréé en immigration qui coûte de l’argent évidemment. On m’avait dit que c’était long, mais là c’est vraiment impressionnant. J’avais de l’argent de côté, mais ça fond comme neige au soleil », souligne-t-il. 

Avec un dossier simple comme le sien, il se demande pourquoi le délai est si long. « Je n’ai pas d’enfant. Je ne demande rien, je n’ai besoin de rien ; j’ai juste besoin de travailler », dit-il. 

Il s’est marié avec Julie Leblanc le 16 octobre 2021. « Au départ, nous avions prévu nous unir en 2022, mais le consultant nous a dit que c’était préférable de se marier plus tôt. C’est ce que nous avons fait. Et je suis toujours en attente de ma résidence permanente ou de mon permis de travail », raconte M. Vio.

« La lenteur, c’est vraiment impressionnant. Si je n’avais pas d’argent de côté, je ne sais pas comment je ferais », avoue-t-il.

Compétent 

En pleine crise de la main-d’œuvre, M. Vio est électromécanicien. En fait, il est chef d’équipe dans la maintenance d’électromécanique. « Le pire, c’est que je pourrais avoir du boulot facilement. En pensant que le permis de travail serait une procédure rapide, j’avais fait des offres de service. BRP, Domtar et Kruger m’ont contacté. Tous ces gens me disent que, dès que j’aurai mon permis, il y a de l’emploi pour moi. Il manque d’électromécaniciens », soutient M. Vio.

Selon lui, les dossiers pourraient se régler plus rapidement. « Il y a les gens de l’Ukraine qui arrivent de la guerre et qui, en trois semaines, ont pu commencer à travailler. Dans ce cas, il y a la pression médiatique qui a eu un impact », mentionne-t-il.

En réalité, il souhaite faire sa vie à Windsor. « Nous voulons acheter une maison ici. Nous avons plein de projets. Sans permis de travail, je ne peux rien faire, tout est bloqué. Lorsque j’ai acheté une voiture, j’ai été obligé de la mettre au nom de ma femme. Ici, je n’ai le droit à rien », dit-il.

« Le pire, ajoute-t-il, c’est que l’an dernier, parce que j’ai des revenus provenant d’un loyer en France, nous avons fait une déclaration d’impôt commune. Pour les impôts, il n’y a pas de souci », insiste-t-il en riant.

« Je ne demande rien. Je ne serai surtout pas une charge pour le Québec. Je veux juste travailler », termine M. Vio.

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