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Texte de Gabrielle Fournier-Boulanger

L’avenir des arts du spectacle lorsque les subventions sont moins généreuses : résumé d’une étude économétrique

durée 25 août 2020 | 04h00

Un chercheur suisse (François Abbé-Decarroux) s’est intéressé, à la fin des années 1990, au déterminant de la demande d’art du spectacle en Suisse. Dans une optique où les subventions pour la culture sont de moins en moins généreuses (autant plus avec les mesures financières liées à la crise sanitaire de la COVID-19), il est pertinent de s’intéresser au déterminant de la demande d’arts du spectacle et de comprendre comment continuer à soutenir la demande avec des moyens financiers moindres.

À l’aide de données sur quatre types de productions (théâtre, opéra, concert symphonique et danse/ballet) au cours des années 1960 au Canada, États-Unis, Angleterre et Italie, l’auteur cherche à déterminer l’élasticité du prix des billets de spectacle, du revenu et du prix croisé (le prix de forme d’art du spectacle alternative comme le cinéma). L’élasticité permettra de savoir si un changement dans le prix du billet, par exemple, aura un impact sur la demande ou non. Plus une variable est dite élastique, plus sa variation aura un impact sur la demande.

Élasticité du prix

Pour l’ensemble de l’échantillon, l’auteur trouve que la demande est plutôt inélastique au prix des billets, c’est-à-dire qu’une augmentation du prix moyen des places vendu n’aura pas d’impact sur la demande d’art du spectacle.

Élasticité du revenu

Le chercheur trouve que l’élasticité du revenu est faible, cela peut s’expliquer par le fait que l’art est un bien dont la consommation demande du temps. Lorsque le revenu augmente, les individus auront tendant à allouer une plus grande part du revenu en loisir. Toutefois, le coût d’opportunité du loisir sera plus grand (puisqu’au lieu de travailler, l’individu ira voir un spectacle et donc représentera une perte de revenu potentiel). Toutefois, l’auteur estime que le revenu a effectivement un impact sur la demande d’art du spectacle, c’est-à-dire que le coût d’opportunité n’a pas d’effet significatif.

Élasticité du prix croisé

L’auteur trouve que peu importe la forme d’art alternative, son prix a effectivement un effet sur la demande de l’art du spectacle. C’est-à-dire que par exemple le cinéma et l’art vivant font partie de la même catégorie de divertissement.

Nombre de représentation

Finalement, l’auteur détermine que le nombre de représentations aura un impact important sur la demande d’art vivant. On conclut donc que l’offre d’art du spectacle induit sa propre demande.

À la suite des différents résultats énoncés plus haut, l’auteur conclut que la demande d’art du spectacle est déterminée en grande partie par le revenu réel par habitant et le nombre de représentations. La variation du prix réel des billets et des abonnements n’affecte pas de façon significative la demande d’art vivant. Il est donc souhaitable d’envisager pouvoir accroitre les recettes des arts du spectacle (sans affecter la demande) par l’augmentation des prix des billets et des abonnements (tout au moins, il est envisageable que les prix des billets suivent l’augmentation réelle des coûts de production). Toutefois, il faut envisager que les politiques d’accroissement des prix des places soient accompagnées par des mesures qui visent à élargir la composition sociale du public.

 

Texte de Gabrielle Fournier-Boulanger

Finissante au Baccalauréat en Économie à l’Université de Sherbrooke.

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