Mouvement Le communautaire à boutte
Les demandes de soutien à la Maison de la famille ont doublé
Par Ghislain Allard
Journaliste
Windsor — La Maison de la famille Les Arbrisseaux a pris part de façon active au mouvement « Le communautaire à boutte », menant ainsi une « grève sociale » du 23 mars au 2 avril.
Le mouvement « Le communautaire à boutte » est une grève nationale menée par des organismes communautaires du Québec pour exiger des investissements structurants et une reconnaissance de leur rôle essentiel dans la société.
« Nous sommes en revendication auprès de nos ministères. De notre côté, c’est le ministère de la Famille. Il faut qu’ils puissent reconnaître l’importance du communautaire pour les familles et pour les gens en générale », souligne Marie-Claude Tardif, directrice générale de la Maison de la famille Les Arbrisseaux.
Durant ces deux semaines, les activités régulières sont mises sur pause afin de permettre à l’équipe de se mobiliser pour défendre la mission des organismes communautaires autonomes et les services offerts aux familles du Val-Saint-François.
Selon la directrice générale, sur le terrain, la situation est sans équivoque : les familles vivent une hausse marquée de leur vulnérabilité et de leur détresse.
« Au cours des dernières années, la Maison de la famille Les Arbrisseaux observe que les demandes de soutien ont pratiquement doublé, touchant toutes les réalités, comme l’isolement, l’épuisement parental, les enjeux de santé mentale, la précarité financière et les besoins de soutien au quotidien », constate Mme Tardif, en ajoutant que les organismes communautaires sont souvent la première porte d’entrée pour ces familles.
En fait, l’objectif est d’obtenir plus d’argent pour la mission de l’organisme afin de continuer à offrir les services actuels à la population et de les améliorer si possible, compte tenu de la hausse de la demande.
« Notre mobilisation, c’est pour contrer le sous-financement de la mission. Dans notre cas, lors de la Commission Laurent, à la suite du décès de la petite fille de Granby, il a été recommandé que les organismes communautaires familles soient financés à la hauteur de 200 000 $ par année. C’est une recommandation qui n’a jamais été respectée de la part de notre ministère. Il faut aussi agir en prévention dans notre milieu. C’est une façon d’économiser de l’argent dans notre système de santé qui est déjà débordé », soutient la directrice générale.
Selon elle, des décisions du gouvernement limitent la capacité d’action, comme l’interdiction d’utiliser le financement à la mission pour les dépenses liées aux bâtiments (hypothèque, entretien et rénovations).
« Nous sommes moins reconnus en ce qui concerne notre autonomie. Les critères de l’action communautaire autonome sont de moins en moins respectés. Les redditions de comptes sont plus en plus serrées et les exigences sont plus serrées », termine Mme Tardif.
