Les revendications du Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec
Avec un gouvernement du Québec nouvellement élu, le Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec veut se faire entendre en faisant part de ses priorités.
Val-Saint-François — Avec un gouvernement du Québec nouvellement élu, le Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec veut se faire entendre en faisant part de ses priorités.
Trois aspects intéressent particulièrement le président du Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec, André Roy.
Dans un premier temps, il faut protéger l’accès au marché du bois pour la forêt privée. « En principe, le bois de la forêt publique ne devrait être accessible aux industriels une fois les autres sources d’approvisionnement comblées. Et ce principe-là ne veut plus rien dire. Nous demandons que ce principe devienne une réalité. Actuellement, plusieurs industriels ont des garanties d’approvisionnement sur forêt publique. Ces garanties-là sont prévues pour cinq ans. Et s’il arrive une crise comme actuellement, les garanties attribuées au départ demeurent. L’usine a donc tout ce qu’il faut des forêts publiques pour fonctionner. C’est bien beau de l’avoir dans la loi. Mais si le principe ne s’applique pas, ça ne donne rien », déplore le président du Syndicat, en ajoutant que cette situation a des effets pervers sur le marché.
Il insiste donc pour que la loi soit appliquée sur une période d’un an et non pas cinq. « Ce que nous demandons, c’est au lieu de revoir les besoins de l’industrie aux cinq ans qu’on le fasse annuellement. Et très souvent, on surestime les besoins des entreprises », souligne M. Roy dans une entrevue accordée au journal Actualités-L’Étincelle.
Marché du carbone
Le Québec et la Californie font partie du marché du carbone. « Tous les boisements réalisés depuis 1990 sont admissibles au marché du carbone. Mais les fonctionnaires du ministère sont tellement tatillons qu’il en coûte deux fois plus cher pour se qualifier que ça rapporte en crédit carbone », s’insurge le président du Syndicat, en précisant que les industries québécoises doivent s’approvisionner en crédit carbone du côté américain, ce qui représente une exportation de capitaux de 80 M$ par année, dont 6 M$ en Estrie.
Selon lui, le Québec devrait avoir les mêmes normes que le marché californien.
MRC
Le projet de loi 97 sur la révision du régime forestier est mort au feuilleton au printemps 2025. Ce projet de loi contenait une clause municipale sur l’abatage d’arbres.
« Nous demandons depuis des décennies que seules les MRC puissent règlementer l’abatage d’arbres. « Actuellement, ce sont des centaines de municipalités qui règlementent sur l’abatage d’arbres parfois de façon très sévère. Et d’une municipalité à l’autre, les règles ne sont pas les mêmes. Ça devient donc extrêmement complexe pour un entrepreneur. Dans le projet de loi 97, c’était acquis. Il semble y avoir unanimité chez les partis pour revoir cet aspect. Nous sommes prêts à vivre avec des réglementations, mais elles doivent être conformes à la science forestière. Dans ce cas, c’est une belle incohérence », termine M. Roy.
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