GÉNÉALOGIE: Des traductions comme nom de framille
Plusieurs de nos ancêtres québécois n’ont pas échappé au phénomène des mutations de noms et, par conséquent, d’identité. Les pays colonisateurs du 16e siècle comme l’Angleterre, l’Espagne, la France, la Hollande ou le Portugal, pour ne nommer que ceux-là, avaient des ambitions politiques toutes aussi farfelues les unes que les autres.
Les Anglais avaient la prétention d’avoir peuplé toute l’Europe. Il fallait donc respecter cette prétention et croire que les habitants de l’île avaient peuplé tout le continent. C’est le Saint-Père à Rome qui déterminait quelle partie du globe chaque pays avait « le droit » de découvrir, d’exploiter et de coloniser. L’exploitation humaine était permise aussi aux découvreurs puisque les continents explorés étaient peuplés seulement de païens sauvages et sans âme.
Plus récemment, au Bas-Canada, durant la Révolution américaine, plusieurs de nos ancêtres refusaient toujours de se considérer comme sujets britanniques à cause de leur religion et se considéraient uniquement comme Canadiens catholiques de nation. Plusieurs familles francophones du Bas-Canada ne supportaient pas non plus la colonisation britannique qui les privait de leur identité nationale canadienne exclusive. Plusieurs ont traversé la frontière des États-Unis au Sud pour supporter les Indépendantistes américains en marchant en sens inverse des familles loyalistes anglophones qui voulaient continuer à supporter la domination de l’Empire britannique au Nord.
Nous sommes entre 1796 et 1807. Les Canadiens, tous francophones, vivent en état d’infériorité sociale par rapport aux colonisateurs et colons britanniques anglophones protestants. Le gouverneur-général du Bas-Canada, Robert Prescott, méprise les grosses familles catholiques et la population francophone qui habite son territoire. Il craint avec raison que la population des Canadiens supporte la révolte américaine au détriment de l’Empire britannique. On n’a pas de statistiques fiables sur les familles qui ont émigré d’un côté ou de l’autre de la frontière mais une chose est certaine, des familles se sont établies autant dans le Bas-Canada que dans les états du Nord des États-Unis.
Durant ces années-là, il y avait encore des familles acadiennes qui cherchaient à s’établir en paix. Les émigrés Godin ont hérité d’un surnom qui a fait souche ; on les surnommait les Prescott du nom de leur gouverneur. Les Frère sont devenus des Brothers. Revenus plus tard au Canada, les Brothers sont devenus des Brodeur mais les Prescott sont restés tels quels. Le gouverneur n’a pas eu de descendants de ce nom. Il y a eu aussi les Greenwood pour remplacer les Boisvert. Les White furent nombreux aussi à remplacer les Leblanc. Les Quentin sont devenus des Cantine. Les Snow ont remplacé les Arsenault. On peut élaborer indéfiniment sur les traductions des patronymes; on ne sait jamais à qui on a affaire.
Pour des suggestions ou pour s’inscrire aux Beaux dimanches en famille : Société généalogique de Richmond ([email protected]).
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