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GÉNÉALOGIE: Un Canadien errant

Bob « Elvis » Gratton et sa compagne à bord d’un avion définissent leur identité nationale canadienne auprès d’un voyageur français, qui remarque leur accent linguistique et s’enquiert de leur origine nationale. Moé, ch’t’un Canadien québécois. Voyant le scepticisme du voyageur, Bob Gratton ajoute : un Français canadien-français, un Amaricain du Nord français, un Francophone québécois-canadien, un Québécois d’expression canadienne-française française, un Canadien-Amaricain francophone d’Amérique du Nord. Sa compagne ajoute : des Franco-Québécois, des Franco-Canadiens du Québec, des Québécois-Canadiens. Et Bob Gratton de conclure : nous sommes les deux.

Nous sommes de la nation des Deux. Cette dualité irréelle pour une nation francophone unique est notre identité nationale depuis l’avènement de la Confédération canadienne en 1867. Deux identités nationales pour une nation qu’on a tenté en vain d’assimiler à la masse anglophone de l’Amérique du Nord par toutes sortes de moyens politiques.

Les Québécois disent vouloir un pays, mais ne disent pas lequel et attendent surtout que le Ciel le leur donne. Avant et même longtemps après 1763, ce sont les autorités ecclésiastiques au Québec qui choisissaient et décidaient à la place de nos ancêtres majoritairement illettrés de ce qu’il fallait faire ou ne pas faire en société. La pauvreté, l’obéissance et la soumission étaient le lot politique de la plupart de nos ancêtres québécois.

Beaucoup de Québécois d’aujourd’hui conservent encore cette attitude attentiste. On n’ose pas reprendre le curé, on ne conteste pas les décisions des personnes imposées en autorité; on se tait, on attend et surtout, on obéit. Il y a eu avant nous des sursauts de volonté chez nos ancêtres de vouloir s’affranchir de cette domination et de se prendre en main politiquement pour enfin décider par eux-mêmes de leur sort durant la Révolte des Patriotes de 1837.

Au Québec, on se souvient maintenant de cette fierté patriotique de nos ancêtres le premier mai de chaque année. Nos ancêtres francophones sentaient alors leur identité nationale exclusive de Canadiens se dégrader dans le flot des immigrants britanniques anglophones. Antoine Guérin-Lajoie décrit bien l’état d’âme des exilés patriotes d’autrefois dans sa chanson Un Canadien errant.

Sans verser dans les extrêmes de 1837, les Québécois d’aujourd’hui et de demain, avec des moyens modernes et des droits établis, arriveront-ils un jour à rallumer ce flambeau de fierté nationale de leurs ancêtres sans craindre les épouvantails imposés par certaines autorités politiques en place qui veulent surtout protéger leurs intérêts personnels? Une nation, un pays, n’est-ce pas la coutume?

Pour des suggestions ou pour s’inscrire aux Beaux dimanches en famille : Société généalogique de Richmond ([email protected]).

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