Origine de Martin Benoît
Plusieurs familles Benoît du Québec se réclament de la descendance de Martin Benoît et de Marie Chaussegros. On ne trouve pas ce couple dans les premières familles de la Nouvelle-France puisque, selon le généalogiste et historien Bona Arsenault, leur mariage aurait été célébré à Port-Royal en Acadie vers 1672. Les origines de Martin Benoît sont obscures. Certains généalogistes le font naître vers 1643 quelque part en France mais de façon générale, on le dit de parents et d’origine inconnus. Qu’en est-il au juste ? À Terre-Neuve, il y a le clan Benwah, des Amérindiens qui se réclament eux aussi de la descendance de Martin Benoît et de Marie Chaussegros, une déformation française des missionnaires, selon eux, pour le nom amérindien Marie Chego, Marie Chicau, Marie Shegone, etc. selon la prononciation locale.
Ce qui a frappé les premiers Européens venus explorer la Nouvelle-France, c’est la facilité avec laquelle les pêcheurs amérindiens de la nation micmac pouvaient s’éloigner en haute mer, avec leurs canots, très loin des côtes, et retrouvaient toujours le chemin du retour même par gros temps de brouillard. Ce sens d’orientation particulier allait être mis à profit assez tôt par les capitaines de navire. Ce sont les Micmacs qui servaient de pilotes pour les navires français le long des côtes en Amérique du Nord et dans le golfe du St-Laurent en remontant le fleuve. L’ancêtre Martin Benoît aurait été un de ces pilotes.
Quel est le lien entre les Benwah de la nation béotuk et les Benoît Micmacs des Maritimes? Les Béotuks de Terre-Neuve ont fait le commerce de la morue et de la fourrure avec des marchands européens bien longtemps avant l’arrivée des premiers explorateurs. À un moment donné, des mercenaires étrangers ont flairé la bonne affaire et, faisant mine de s’intéresser au commerce avec les Béotuks, ils les massacraient tous en mettant pied à terre pour s’emparer gratuitement de leurs marchandises. Les Béotuks devenaient systématiquement victimes de pirates. Ainsi, les Béotuks étaient en train de se faire graduellement exterminer. Ce sont les Micsmacs qui habitaient en Acadie qui ont recueilli et adopté les survivants béotuks dont l’ancêtre Martin Benoît qu’on retrouve effectivement plus tard en Acadie. Martin Benoît aurait rencontré sa femme Marie Chaussegros au retour d’un port de France à bord d’un navire où il servait de pilote.
Des tests ADN relevés chez les descendants Benoît pourraient éventuellement prouver cette parenté amérindienne entre Benoît québécois et aborigènes Benwah terre-neuviens.
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