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17 octobre 2020 - 04:00 | Mis à jour : 20 octobre 2020 - 13:47

Texte de Philippe Leng, pharmacien.

Covid 19 — LES VRAIES RAISONS !

Toutes les réactions 6

Quelles sont les vraies raisons pour l’application des mesures sanitaires !

D’entrée de jeu, je voudrais vous dire que cet article n’est ni gouvernemental ni complotiste, mais plutôt une analyse de la situation par un simple pharmacien.

Tout a commencé le 1er décembre lorsqu’un 1er cas d’un patient infecté au Covid-19 est signalé à Wuhan. Au Québec, notre 1er cas a été détecté le 27 février 2020. Le 11 mars l’OMS parle de pandémie et le 13 mars le Québec déclare l’état d’urgence sanitaire. Par la suite, une série de mesures ont étés pris au Québec pour essayer de limiter la propagation du virus.

À ce stade-ci, il est important de se rappeler que nous étions en face d’un nouveau virus alors le gouvernement a dû gouverner en bon père de famille et essayer d’en limiter la propagation par diverses mesures en y allant selon l’évolution des connaissances par rapport au virus.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on ne peut pas gagner contre les virus. Ils sont parmi nous depuis la nuit des temps et s’adaptent à leur environnement. La SEULE manière, serait de faire un confinement MONDIAL et TOTAL alors il faudrait isoler chaque être humain de la planète pendant 14 jours, sans aucune exception… ce qui est impossible.

La seule alternative alors est de ralentir la progression du virus. Pourquoi ? Pour donner une petite marge de manœuvre à notre réseau de la santé pour traiter les cas lourds et c’est ce qui a été fait. Pourquoi donner une marge de manœuvre ? Parce c’est connu, en tout temps les urgences débordent, les gens hospitalisés dorment dans les corridors sur des civières, les listes d’attente sont interminables, etc. Ça, c’est la situation en temps normal alors vous imaginez avec la venue d’un nouveau virus ? C’est l’apocalypse.

Les pharmaciens ont tenu le réseau de la santé à bout de bras pendant que dans les hôpitaux, les professionnels de la santé se sont activés à mettre en place une série de protocoles et de mesures pour accueillir ces cas lourds, un travail colossal a été réalisé et, on s’en est bien tiré compte tenu de la situation.

CHSLD… Oui c’est là que cela a commencé à déraper. Infection, propagation puis mortalité, ça n’allait pas bien. Taux de mortalité dans les CHSLD pires que dans les années précédentes ? Pas vraiment, mais c’était donc le 1er signe de la faiblesse de notre système de santé qui était mis en lumière. Nous avions choisi il y a plusieurs années de mettre nos aînés dans des CHSLD avec plus ou moins de ressources et c’était acceptable comme ça. Mais là, en cette période où les médias en quête de sensationnalisme, nous étalaient la Covid 19 sur tous les écrans, la faiblesse de notre réseau de la santé était exposée au grand jour.

Ensuite est venu l’été, les gens étaient chez eux en vacances, en famille, tout était au ralenti tout semblait aller bien… mais on nous préparait à grands coups de placements publicitaires et de reportages à la 2e vague…

2e vague, c’est quoi ? Est-ce que le covid-19 s’est caché et a recruté et entraîné une multitude de petits virus pendant l’été pour revenir avec une armée plus grande ? Bien non, la 2e vague c’est qu’avec la fin des vacances et la rentrée scolaire, la vie recommence alors il y a plus de contacts entre êtres humains et le virus reprend son travail de propagation. À cela on ajoute le retour de la saison grippale, la multiplication des tests de dépistage et le cocktail est en place pour une superbe vague digne des films de surf.

Et c’est là que nous en sommes. Chaque jour apporte son lot de nouveaux cas et de nouvelles mesures. Et pendant ce temps, la grogne dans la population ne cesse d’augmenter également. Pourquoi ? Il est vrai qu’au travers de tout ce qu’on entend, véhiculé par notre nouvelle génération de scientifiques sans formation ou par les médias en quête de nouvelles à sensation, il reste que le virus a muté plusieurs fois et semble moins virulent, il y a CERTAINES mesures sanitaires qui sont prises dont la pertinence semble un peu farfelu, les statistiques réelles concernant la covid 19 sont également vagues, d’autres pays comme la Suède s’en sont bien tirés sans confinement, etc. Alors, pourquoi persister dans l’état général d’alerte ?

Parce que notre système de santé n’est pas capable d’absorber de surplus.

Est-ce que vous êtes capable de mettre plus d’eau dans un verre au-delà de sa capacité ? Bien non, cela déborde.

Le gouvernement devrait seulement nous dire cela et c’est tout… mais c’est dur, c’est TRÈS dur. Plusieurs générations de gens au pouvoir ont tenté de réformer notre système malade sans succès, à coup de millions. Mais le problème ne réside pas dans le financement, ni dans la qualité de son personnel, mais plutôt dans le côté organisationnel TRÈS TRÈS déficient et une structure administrative TRÈS TRÈS lourde.

Et il ne faut pas se leurrer, le covid-19 n’est pas le dernier virus qui va nous attaquer alors si l’on suit la même tangente, nous allons avoir de sérieux problèmes. Au fil des ans, l’efficacité de notre système de santé a été à la baisse et à l’inverse, la peur et la gestion des virus ont été à la hausse. Vous vous souvenez du SIDA, puis du H1N1 puis de la Covid-19 ? Toute une progression dans les mesures…

Alors, en attendant que le gouvernement (ici il faut comprendre APPAREIL GOUVERNEMENTAL, PRÉSENT et PASSÉ, car la responsabilité de la situation présente n’incombe pas qu’à nos dirigeants actuels) fasse son mea culpa et donne un sérieux coup de barre dans le réseau de la santé et bien :

Aux nouvelles ils continueront de nous annoncer le nombre de nouveaux cas qui en fait n’a aucune pertinence, car il va toujours y en avoir, surtout si on teste de plus en plus. Ce serait vraiment plus scientifique de donner chaque jour le nombre de gens hospitalisés, le nombre de gens qui en sortent guéris, le nombre de gens qui en sont morts et le taux d’occupation des urgences et des soins intensifs en pourcentage. Cela nous donnerait un portrait réel de la maladie et de la capacité de notre réseau à absorber un surplus.

Les médias vont continuer de nous trouver quelques cas, soit un jeune adulte de 18 ans ou un enfant de 12 ans, qui seront morts des suites de la Covid afin de démontrer comment le virus est dangereux plutôt que d’exposer les vrais faits qui sont que, le virus touche en majorité les gens âgés ou toute personne vulnérable donc personne n’est à l’abri, mais vous êtes plus à risque si vous êtes dans ces catégories. Le virus est un virus, et comme tous les autres, on peut se défendre contre lui et on peut en souffrir également et comme c’est extrêmement souffrant si vous en êtes atteints, alors il ne faut pas faire par exprès pour le transmettre, ce qui soit dit en passant, devrait s’appliquer en tout temps, pour tous les autres virus. Du civisme, cela existe, mais c’est souvent oublié.

Nous allons continuer d’entendre toutes sortes de comparaisons du genre la Suède a bien fait sans confinement (argument de conspiration) ou regardez ce qui est arrivé à l’Italie (argument promesures). Cela permettra donc d’éviter de dire que la Suède possède un des meilleurs systèmes de santé dans le monde et peut se permettre de gérer un flot plus substantiel de nouveaux patients d’où sa performance. Cela permettra également d’éviter de dire qu’en Italie, il y a beaucoup de gens très âgés, et qui habite tous en proximité (c’est comme nos CHSLD) donc la propagation est plus grande et plus mortelle, car elle touche une tranche de la population hautement à risque. Cela nous ramènerait également à nos craintes les plus fondamentales face à la mort et son acceptation.

Les solutions dans tout ça ?

Pour la situation actuelle que l’on vit avec le Covid-19

— Mettre en ligne une plateforme avec les données en temps réel sur la situation qui prévaut dans notre réseau soit le nombre de gens hospitalisés, le nombre de gens qui en sortent guéris, le nombre de gens qui en sont morts et le taux d’occupation des urgences et des soins intensifs en pourcentage. Les zones de couleurs des régions sont déterminées selon la capacité des hôpitaux locaux plutôt que par le nombre de gens infectés.

— Éduquer la population sur le respect de nos aînés, LA population à risque alors appliqué des mesures en ce sens. Par exemple, le port du masque obligatoire EN LEUR PRÉSENCE, éviter les grands rassemblements EN LEUR PRÉSENCE, etc.

Préparer le futur soit une refonte de notre système de santé… comment ?

Urgences niveau 1 = Professionnels externes

Transfert de pouvoir et de moyens aux professionnels qui sont déjà organisés en dehors du réseau, ce qui a très bien fonctionné avec les pharmaciens en temps de Covid, car ils ont étés les seuls intervenants accessibles en temps de crise, ce qui a vidé les urgences.

Donc les pharmaciens, les optométristes, les dentistes, les psychologues, les physiothérapeutes, etc., deviennent les instances de première ligne. Les infirmières pourraient être également mises à contribution par l’ouverture de bureaux d’infirmières qui s’occuperaient de la vaccination, des changements de pansements, des prélèvements, etc. Les consultations sont payées par la RAMQ, comme c’est le cas à l’urgence, donc la gratuité des soins est préservée !

Rhume, toux, nez qui coule, infection bénigne… on va voir le pharmacien.

Oeil rouge, qui fait mal… on va voir l’optométriste.

Coup sur la mâchoire… on va voir le dentiste.

Etc.

Urgences niveau 2 = CLSC

Les CLSC deviennent des mini-urgences. Tout ce qui n’a pas pu être réglé par les intervenants externes, soit des coupures, des brûlures, des infections plus sévères, enlever un plâtre, tout passe par ici. Le sans rendez-vous avec un médecin ? C’est ici.

Urgences niveau 3 = Hôpitaux

La seule manière d’accéder aux urgences hospitalières, c’est en ambulance ou par référence des urgences de première instance, soit les intervenants externes (niveau 1) ou CLSC (niveau 2). Donc le triage, maintenant, il se fait à l’externe.

Ce sont des mesures toutes simples pour désengorger notre réseau, mais drôlement efficaces, et de cette manière nous pourrions faire face à n’importe quel virus plus facilement !

 

Philippe Leng, pharmacien

Richmond, Qc

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6 réactions
  • Merci pour ce partage

    Micheline Richard - 2020-10-19 15:47
  • Super texte surtout pour la partie de la fin!!j'adore ! Par contre, le port du masque je suis POUR en tout temps car oui les aînés sont vulnérables mais également touts les gens ayant un système immunitaire très faibles (tous les âges) donc ce serait difficile de savoir quand le porter , par exemple j'ai un ami immunossuprimé qui à 30 ans et 2 enfants...

    Mélissa - 2020-10-20 07:46
  • Intéressant surtout une plate forme en temps réel et partager les petites urgences

    Monique martel - 2020-10-20 08:38
  • À l’automne de 2009, j’apprenais une info annoncée à la radio, qui je crois est probablement la cause première des manques dans le domaine de la santé, on annonçait que le nombre de cadre venait de dépasser le nombre d’employés. Imaginez qu’à chaque décision ou demande à ce votre supérieur immédiat, ce dernier doit suivre les directives de son propre supérieur qui lui a un supérieur qui a son supérieur qui a son supérieur etc etc etc… Vous voulez peinturer un mur rouge, chaque supérieur y a été de sa couleur préférée, au bout de plusieurs semaines, la réponse arrive « veillez le peinturer jaune », la peinture à déjà été commandée vous recevrez 5 gallons prochainement. Entre temps un autre cadre a fait enlever le mur et installer une porte. Donc il n’y a plus de mur. Et lorsque nous avons demandé de le peinturer rouge, c’était une question de sécurité demandé par le département de sécurité, car il était déjà jaune… Mais bon, c’est mieux avec la porte. Entre temps un autre cadre, c’est posé la question si il ne devrait pas remettre le mur, il réfère à son supérieur qui réfère à son supérieur qui réfère à … etc etc etc… Ne riez pas cela arrive régulièrement … Mon opinion, on devrait remplacer au minimum 25% des cadres par des employés ( infirmières, infirmières-auxiliaires et préposés)

    Fernand-Marc Girard - 2020-10-20 15:56
  • Vraiment bien comme article, de bonnes idées qui devraient être exploré. Je suis présentement à l'aéroport de Vancouver, seul à au moins 10m de distance avec un masque en permanence. Pas de personne vulnérables au alentour. Je respecte les règles en place même si mon gros bon sens dans cette situation serait de retirer mon masque.

    Éric Rousseau - 2020-10-20 20:41
  • Il y a trop de cadres souvenez de GM pour 10 travailleurs il avait un contrôleur certain employé ne travaille pas assez et d’autre il ont le ventre à terre il n’ont pas le temps de raconter leur fin de semaine

    Yvan joly - 2020-10-21 10:25