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5 mai 2020 - 04:00 | Mis à jour : 7 mai 2020 - 05:32

Texte de Charles Émile Giguère

La grippe espagnole à Victoriaville

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Ce nom de « grippe espagnole » lui fut donné parce que l’Espagne était restée neutre dans la guerre de 1914-1918 et car il a été le premier pays à reconnaître publiquement que cette maladie était causée par un virus d’origine inconnue qui s’attaque au système respiratoire avec un effet très rapide qui faiblit à la chaleur de l’été, mais qui est revenu à l’automne avec beaucoup plus d’intensité. Une personne infectée par le virus pouvait être contagieuse 24 heures avant de présenter de symptômes. La durée de la vie du virus pouvait varier de 3 à 5 jours. Les jeunes enfants et les personnes âgées peuvaient être contagieux 14 jours après le début des symptômes.

Il n'existe pas de remède connu.

Le nombre total des victimes de la grippe espagnole, au niveau mondial est beaucoup plus grand que celui des deux guerres mondiales du 20e siècle.

Le mot pandémie désigne une épidémie qui a importuné le monde entier.

Un des endroits qui a contribué à répandre le virus de cette pandémie fut ici, au centre de l’Estrie à Victoriaville selon l’historienne Madame Monique T. Giroux.

La communauté des Frères du Sacré-Cœur dirigeait un collège commercial sur la rue Ermitage à Victoriaville. Le 23 septembre 1918, le ministère de la Santé a décrété la fermeture de l’établissement à cause d’une épidémie de grippe. 420 élèves retournent à la maison ; une quarantaine trop malade restent au collège. On ne peut déterminer la cause de cette épidémie. Est-ce un soldat en congé ? La présence d’un étudiant étranger ? Peut-être la présence de visiteurs au Congrès eucharistique provenant du Canada, de l’Europe ou des É.-U.. Ce qui est certain, c’est que 40 000 fidèles s’ajoutèrent aux 5 000 résidents entre le 12 au 15 septembre 1918. La messe papale avait assemblé sous la pluie 25 000 fidèles. Le tout se termina par une procession qui était suivie par une calèche pour accueillir les gens fatigués, indisposés par une toux sèche inhabituelle.

L’immense feu de joie et le feu d’artifice furent contremandés. Âgé seulement de 40 ans, le Frère Donat meurt le 18 septembre. Du 19 au 22 septembre, la mort vint chercher les Frères Pierre, 31 ans et Boniface, 29 ans et 6 élèves. Ces pieuses personnes venant d’aussi loin que la Nouvelle-Angleterre ramenaient avec elles, sans le savoir, dans leurs foyers respectifs un virus inconnu et très contagieux

D’où venait ce mystérieux virus ?

En Europe, les nations ennemies s’entretuaient et étaient très discrètes sur la maladie qui décimait les deux armées tandis que l’Espagne ne faisait pas partie des belligérants. Ce sont, eux les Espagnols, qui n’avaient rien à cacher qui ont crié en premier au monde entier que c’était un virus d’origine inconnue qui en était la cause. Plus tard, des chercheurs prétendent que ce virus provenait d’un camp militaire de la région du Kansas où on élevait des porcs pour nourrir les troupes.

Ce serait les fientes de ces animaux qui en contact avec celles d’oiseaux migrateurs qui auraient en quelque sorte servi de laboratoire pour créer ce nouveau virus qui aurait contaminé 500 soldats, dont 48, en seraient décédés en mars 1918. Les survivants, porteurs de ce virus auraient été envoyés au front en avril 18. Le fléau se répandit au travers de toute l’Europe et de ses colonies. En quelques semaines, les troupes des deux armées en furent infectées. La censure forçat les deux clans ennemis à taire ce fait. Fin de la première vague.

Début de la deuxième, celle-là fit 10 fois plus de victimes.

Les conditions déplorables dans les tranchées et les grands rassemblements firent en sorte que la pandémie prit des proportions foudroyantes autant chez les militaires que dans les civils. La grippe espagnole a fauché 4 fois plus de vies en 2 fois moins de temps que la guerre.

Une des raisons pour laquelle cette grippe continua à faire de nombreuses victimes une fois la guerre terminée, c’est que les soldats des deux armées étaient encouragés à fumer. Pour être sur qu’ils ne manquent pas tabac, des chiens entrainés parcouraient les tranchées longues de plusieurs kilomètres. Ils avaient, fixés au dos, des sacoches emplies de cartoons de cigarettes et de tabac à pipe. Le commandant en chef des armées alliées, l’américain John Pershing avait dit, à une réunion tenue à la Maison Blanche 2 ans après le début de la guerre :« Pour gagner cette guerre, j’ai besoin autant de tabac que de balles ». Lui connaissait le pouvoir du tabac sur le psychique de l’Homme ; il a gagné sa guerre, mais que sont devenus ces héros, même gagnants, ils étaient victimes du tabac qui avait empoisonné leurs organes vitaux.

Ils avaient vaincu les armées ennemies et détruit ses armes meurtrières, mais étaient devenus impuissants devant deux ennemis qui s’attaquent au système respiratoire : le virus, microscopique à effet très rapide, en moins d’une semaine, le malade mourrait asphyxié, ses poumons noyés dans du mucus. L’autre, le tabac qui a agi comme un suicide lent à effet retardé qui a annihilé et a asséché les poumons qui ont pour mission d’oxygéner le sang. Les organes nourris par un sang empoisonné ont développé de nombreuses maladies létales plusieurs années après la fin de la guerre.

 

Charles Émile Giguère

     

Source : Mme Monique T. Giroux, Historienne, L’Université Populaire

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2 réactions
  • Merci pour ce documentaire qui est très intéressant.

    Normande Villeneuve - 2020-05-06 08:40
  • Renseignements très pertinents 100 ans plus tard. Très intéressant. Merci.

    Josée katz - 2020-05-06 21:46