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Une certaine autonomie énergétique pour l’agriculture

durée 12 mars 2020 | 04h00

Nous saluons la démarche de la MRC des Sources visant à aider les agriculteurs locaux à s’approvisionner en gaz produit régionalement grâce à la biomasse, afin de réduire leur dépendance au propane provenant de milliers de km. Comme le mot «crise» en chinois signifie aussi «opportunité», les récentes restrictions d’approvisionnement en propane permettent de se tourner enfin vers nos propres ressources. Très bien!

Il est des plus important de bien évaluer les diverses possibilités pour opérer un changement aussi majeur que celui de l’approvisionnement énergétique. Bien sûr utiliser la biomasse provenant des résidus de bois est une option, mais il en existe d’autres. Depuis de nombreuses années, des biométhaniseurs (ou digesteurs) adaptés à l’échelle des fermes ont prouvé leur performance; en utilisant principalement les déjections animales de l’entreprise agricole pour fournir à celle-ci son propre carburant. Bien des résidus agricoles pourraient aussi y être introduits. Ce système a été bien développé en Allemagne: pas besoin de transporter ni les intrants ni le méthane qui en sort et le résidu appelé «digestat» peut être valorisé sur les terres de la ferme. Un autre argument de taille est celui de retrouver une certaine autonomie dont les agriculteurs ont été dépossédés graduellement.

Le projet de biométhaniser de Warwick est une démarche intéressante, mais outre de nécessiter du camionnage, ça fait ensuite intervenir Énergir (l’ancien Gaz Métro), soumettant ce gaz à un autre «monopole», susceptible de faire jouer les tarifs à sa guise. Tant qu’à faire de changer de modèle d’approvisionnement, les énergies renouvelables les plus sécuritaires sont celles produites sur place. On le constate aussi en Europe où des toits de certaines granges sont couverts de panneaux solaires,maintenant très abordables. Là encore, il existe ici des enfirouapas: nous connaissons des amis qui se sont fait installer un bon système solaire sur leur résidence, mais cette énergie qui profite au réseau d’Hydro-Q. (contre certaines redevances) ne les alimente même pas en cas de panne électrique… Ça n’a pas de bon sens!

Dans un premier temps, pour faire venir de telles petites unités de biodigesteurs pour entreprise agricole, il y aurait possiblement besoin de certaines modifications législatives, selon ce que m’a dit une agricultrice bien informée. L’idéal serait d’envisager à moyen terme la construction de ces systèmes en région, créant ainsi de l’emploi pour la mise en place d’une réelle transition énergétique en utilisant enfin à bon escient les sommes considérables du Fonds Vert. Aussi, en limitant les épandages

de lisier, on restreint l’empoisonnement des cours d’eau par les cyanobactéries (algues bleues) surtout dues au surplus de phosphore. Bien sûr, ça nécessite aussi la formation de techniciens indépendants capables d’accompagner cette démarche énergétique des plus prometteuses.

Sylvie Berthaud, Conseillère communautaire en environnement et ancienne ouvrière agricole.

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