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21 novembre 2017 - 12:38

Le chat est sorti du sac!

La publicité sur la récupération a été envahissante au Québec au cours des dernières années. Le refrain On récupère au Québec et ses échos bien orchestrés ont envahi nos salons plusieurs fois aux heures de grande écoute. La plupart des Québécois, même sans publicité, se sont avérés des récupérateurs consciencieux: 800,000 tonnes de verre, de papier, de plastique et de carton prennent chaque année le chemin du bac de récupération. Ces citoyens consciencieux ont fini par accepter l’idée que récupération voulait dire recyclage.

Et voilà que la Chine intervient. Nous exportions à la Chine environ 350,000 tonnes de notre papier plastique-carton récupéré pour que le tout soit recyclé là-bas. Or ils n’en veulent plus. Parce qu’ils veulent réduire au maximum l’importation de déchets étrangers. Auparavant, l’industrie chinoise acceptait des tris de moindre qualité des matières récupérées. On nous affirmait ici que l’on exportait cette moindre qualité parce que c’est ce que les Chinois voulaient. C’est peut-être bien plus parce que c’est tout ce que nous avions à leur offrir.

Qu’est-ce qu’on va faire de ce refoulement des Chinois? Soit l’enfouir, ce qui serait scandaleux, socialement, économiquement et écologiquement. Soit l’entreposer. Le stade olympique ne serait même pas assez grand! De plus, nous n’avons sans doute pas plus que les Chinois la machinerie pour séparer cette moindre qualité.

Reste au moins une solution: changer rapidement la méthode de cueillette, ne pas tout mêler avec l’obligation de tout démêler. En particulier, il faut sortir le verre du bac de récupération. Cascades a affirmé qu’il était prêt à utiliser tout le papier récupéré au Québec à la condition qu’il soit exempt de verre. Les fabricants de verre veulent à tout prix du verre propre local. C’est même, disent-ils, une condition de survie de leur entreprise. Enfin, les entrepreneurs québécois en conditionnement du plastique sont disparus les uns après les autres parce que la récupération mal triée et surtout la contamination par du verre cassé brisait les machines et empêchait toute possibilité de rentabilité.

Récupération ne veut donc pas dire recyclage. Mais les deux sont indissociables. Récupérer sans recycler, c’est travailler pour rien. C’est dépenser pour rien. Une logistique efficace devrait être mise en place pour que la gestion du matériel récupéré permette qu’il soit recyclé ici. Pour notre plus grande richesse collective et pour un impact écologique non seulement minimal, mais avantageux.

 

Micheline Jeanson, Mariette Bombardier, Diane Deschesnes, Marielle Dubé, Laurier Busque, Viateur H. Blais, Gaston Michaud et Jean-Claude Thibault, du Comité Opération Verre-Vert.

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