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25 août 2015 - 09:53

GÉNÉALOGIE: Les quêteux

On voit en reprise depuis quelque temps à la télévision l’émission Les Belles histoires des Pays-d’en-Haut. Dans ce téléroman, il y a le personnage Jambe-de-Bois le quêteux du canton qui se fait une fierté d’exhiber son permis de quêter dans un cadre de la maison d’Alexis Labranche chez qui il loge. 

Quêter dans ce contexte était un métier honorable. Jambe-de-Bois avait une bonne raison de vivre de cette façon à cause de son handicap physique, sa jambe de bois qui le limitait dans ses capacités de travail. Mais tout bon quêteux avait aussi la fierté de se rendre utile à la communauté malgré ses limitations. 

D’où vient ce métier séculaire? Au moyen-âge, vers le douzième siècle, le métier de quêteux était exercé par les troubadours. Ces gens gagnaient leur gîte et leur croûte en colportant toutes les nouvelles du royaume d’un foyer à l’autre, d’un château à l’autre. De plus, ils exécutaient ce travail en chantant, souvent en récitant des vers. Mais le contenu de leurs « nouvelles chantées » était toujours bel et bien réel. Pour plaire à certaines personnalités bourrues qui refusaient obstinément de se rendre à l’évidence des faits, les troubadours modifiaient les nouvelles, pouvaient même les agrémenter de chansons additionnelles de leur cru selon les circonstances. Il ne fallait pas louper un bon repas. 

Les temps ont passé et le rôle de troubadour a évolué en celui de quêteux. Jambe-de-Bois allait aux nouvelles partout dans le canton et, en plus d’être le journal parlé de sa communauté, il se rendait utile aux habitants en fendant du bois, en allant chercher de l’eau, en prenant soin des animaux et en assumant toute autre tâche que pouvaient lui permettre ses capacités. 

Autrefois, des écrivains ont souvent joué un rôle de quêteux en se promenant de foyer en foyer pour écrire des lettres au nom des habitants illettrés. Les notaires royaux se sont même inspirés de ces écrivains et se promenaient partout eux aussi avec leur écritoire et leur plume pour rédiger des contrats entre habitants ou des testaments. Quêter pour gagner son pain n’était pas un déshonneur quand un quêteux se rendait utile au maximum de ses capacités pour la communauté qui le faisait vivre. Les gens en général appréciaient les services de leurs quêteux. 

Le quêteux était en quelque sorte un troubadour des temps modernes. La plupart du temps, c’était le métier des gens indigents ou handicapés qui gardaient la fierté de mériter la charité et la bonté de leurs concitoyens. Dans le temps où le métier de quêteux était une occupation honorable, on ne connaissait pas le chèque de bien-être social tout cuit dans le bec. Tous nos ancêtres étaient des gens fiers de leur travail, y compris celui de leurs honorables quêteux.

Pour des suggestions ou pour s’inscrire aux Beaux dimanches en famille : Société généalogique de Richmond (genealogie@blaquiere.ca). 

 

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