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4 août 2015 - 09:35 | Mis à jour : 11:01

GÉNÉALOGIE: Des sauvages, des nègres et autres marchandises

On pense souvent au Québec que l’asservissement de personnes humaines comme esclaves fut un phénomène typiquement américain depuis le treizième amendement de la Constitution des États-Unis qui a pris effet le 18 décembre 1865 et qui se lisait comme suit : « Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction ».  Cet amendement a tellement fait et fait encore tellement de remue-ménage aux États-Unis qu’on a de la difficulté à imaginer que le phénomène de l’esclavage est une activité humaine, certes inacceptable et amorale, mais séculaire et étendue dans le monde entier.

L’historien Marcel Trudel a réussi à recenser 4185 esclaves utilisés au Québec entre 1750 et 1834. Les trois quarts étaient des sauvages de la nation Panis (complètement asservie et disparue) et le quart constitué d’esclaves noirs de souche africaine. Plusieurs membres du clergé catholique, notamment la Mère d’Youville (récemment canonisée Sainte-Marguerite-d’Youville) ainsi que plusieurs communautés religieuses, y compris les Jésuites, les Ursulines, les Récollets, les Sulpiciens et les Frères de la Charité, possédaient également des esclaves.

Avec une main-d’œuvre aussi peu dispendieuse et les exemptions fiscales qui perdurent encore aujourd’hui, on ne s’étonnera plus des richesses temporelles accumulées par ces institutions religieuses. Ces pans complets de notre histoire nationale ont ainsi été occultés par les clercs catholiques qui étaient limités dans leurs écrits par le nihil obstat des évêques.

Force est de constater aujourd’hui qu’on nous a délibérément caché toute la vérité sur nos ancêtres. Christophe Colomb aurait découvert l’Amérique au nom de la couronne d’Espagne. Ce qu’on dit moins au sujet de cet exploit, c’est qu’il finançait ses expéditions par la vente en Espagne des esclaves amérindiens des Antilles qu’il ramenait entassés dans les cales de ses navires à chaque expédition. Rien ne vaut un acte écrit authentique pour étayer la vérité sur l’abus de personnes humaines en Nouvelle-France. Il s’agit d’un acte de sépulture, parmi plusieurs autres concernant des esclaves nègres ou sauvages, rédigé à Louisbourg et tiré des Archives nationales de France (ANOM). En marge on lit : Sépulture d’une négresse à monsieur paris. Le 1er de l’an 1756 (1er janvier) a été inhumée dans le cimetière de cette ville (Louisbourg) une négresse appartenante (sic) à monsieur paris¸[signé] Fr Antoine Dulaurens, Récollet Missionnaire. Un prêtre catholique qui ne connaissait pas encore ce que signifiaient charité chrétienne et respect de ses semblables.

Pour des suggestions ou pour s’inscrire aux Beaux dimanches en famille : Société généalogique de Richmond (genealogie@blaquiere.ca).

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