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7 juin 2015 - 08:22

Passons du bac de gaspillage à une vrai bac de recyclage !

Val-Saint-François – On ne peut plus le nier : la majeure partie de notre verre récupéré est de fait retourné au dépotoir pour recouvrement des accès ou des déchets. De plus, 99% de ce verre est écrasé en mille miettes et s’incruste complètement dans le papier, carton, plastique, dévalorisant ainsi l’ensemble de nos matières recyclables. Ce verre mal trié coûte beaucoup trop cher à nettoyer pour être réellement recyclé. Alors quoi faire?

C’est très simple : il faut trier le verre à la source, le soustrayant ainsi du bac de collecte sélective municipale. D’ailleurs les gestionnaires de centre de tri nous confirment qu’il faudrait enlever ce verre qui cause de sérieux dommages à leurs machineries allant jusqu’à provoquer des arrêts du centre, sans compter les blessures potentielles aux employés.

Pourquoi la SAQ devrait devenir le maître d’œuvre du recyclage ?
• Avec ses 230 millions de bouteilles mises sur le marché annuellement, la SAQ est moralement responsable de 52% de tout le verre recyclable au Québec.

• En vertu du principe de Responsabilité Élargie du Producteur (R.E.P.) établi par la Loi québécoise en matière de recyclage, cette société d’État a un devoir d’exemplarité à cet égard. Les citoyens comprennent mal comment cette règle de base (R.E.P.) s’applique à de nombreuses entreprises privées mais est contournée par une entreprise publique. Il y a là un sérieux danger de bris de confiance envers ces pratiques de nos sociétés d’État.

• Avec ses quelque 430 sites de vente, la SAQ possède l’infrastructure de base pour gérer la cueillette du verre, ce qui constitue un atout majeur pour la réussite financière de l’implantation d’un système de consigne de leurs produits.

• Il faut savoir, malgré ce qui est véhiculé actuellement, que la majorité de ses succursales importantes (SAQ Dépôt, Sélection, Classique, etc.) ont l’espace pour recevoir provisoirement les bouteilles consignées. Plusieurs possèdent en plus l’équipement comme des monte-charge, pour manœuvrer ces empilements de caisse « pleines de vides ». Il ne resterait qu’à équiper les plus petites succursales d’appentis pour conserver temporairement ces bouteilles. Enfin, la solution de gobeuses pour les sites sans véritable espace disponible est bien pratique.

• Le système de transport de ces bouteilles vides à un conditionneur-recycleur de verre existe déjà! En effet la SAQ possède une flotte de camions pour apporter de leurs 2 grands centres d’entrepôt les caisses de bouteilles pleines à chacune de leurs succursales. Malheureusement ces camions retournent à vide à leur point d’origine, ce qui ne correspond certes pas à une gestion efficace de ce mode de transport.

Pourquoi faut-il enlever tout le verre du bac de récupération ?
Nos concitoyens s’expliqueraient mal pourquoi on ne recyclerait que la moitié du verre alors que la moitié restante, principalement le verre alimentaire, continuerait à dévaloriser les autres matières recyclables du bac ; une telle incohérence sèmerait un doute sérieux sur l’efficacité de la démarche. Or les Québécois-es désirent fermement voir un recyclage à sa pleine valeur ; il ne faut pas prendre le risque de saboter toute cette nouvelle façon de procéder.

Dans une approche de la modernisation de la gestion du verre au Québec, il faut que la filière prévoie deux systèmes de récupération. Le premier système consiste dans la consigne des bouteilles de la SAQ et un second système de collecte dite volontaire des autres contenants de verre alimentaire, comme les pots de confitures, par exemple. Les modalités de récupération du système de collecte volontaire peuvent varier comme on l’observe dans plusieurs provinces canadiennes.

Le tri à la source du verre, c’est la solution d’avenir
C’est socialement plus qu’accepté. La consignation du verre rencontre un très haut niveau d’acceptabilité sociale! Un tout récent sondage de Léger Marketing et nos expériences de ramassage spontané de bouteilles le confirment : plus de 89% de la population québécoise est prête à consigner!

C’est très rentable : en plus de redonner leur valeur réelle au papier-carton-plastique non-contaminé par le verre brisé, le verre trié à la source prend toute sa valeur. Avec, en moyenne sur le marché, 80$ la tonne, pour plus de 120 000 tonnes par année, ça donne 9 600 000$ pour créer des emplois et améliorer les équipements.

C’est très écologique : recycler du verre en verre pour l’entreprise Owens Illinois à Montréal, c’est 20 % moins de GES et 30 % moins de dépenses énergétiques. De plus le client qui vient acheter ses boissons en rapportant en même temps ses bouteilles vides minimise de beaucoup la production de GES.

C’est socialement fort utile : la consigne du verre pourrait aider au financement de certains groupes communautaires, au bien-être de leurs membres et à l’intégration sociale des plus démunis. Et la consignation du verre d’ici, ça crée des emplois ici!

Source et texte : Comités Opération Verre Vert de Montréal, Québec, Drummondville et de l’Estrie.

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