Danville – Dans le dossier d’implantation de JE Métal à Danville à proximité d’un quartier résidentiel, les promoteurs affirment avoir été victimes de menaces et d’intimidation de la part de certains citoyens. La conséquence est importante : l’entreprise ne s’installera pas à Danville.

« Nous avons reçu plusieurs messages de menace sur Facebook. L’un d’eux évoquait clairement la possibilité de porter atteinte à ma personne ou à ma famille, y compris à mes enfants », déplore le promoteur Jean-Christophe Bossé, dans un communiqué.

« Des personnes nous ont également suivis jusqu’à nos domiciles personnels, dans un contexte d’intimidation, d’espionnage, de la menace ou de la surveillance, poursuit-il. Je suis père de quatre enfants. Leur sécurité passe avant n’importe quel projet d’expansion, et je ne prendrai aucun risque lorsqu’il est question de les protéger. »

JE Métal est une entreprise spécialisée dans la transformation de métal en feuille, offrant des services de découpe laser, de pliage, de soudage, d’assemblage, de dessin et conception 3D ainsi que d’ingénierie en structure. L’usine est située à Val-des-Sources.

Les promoteurs Étienne Dionne et Jean-Christophe Bossé affirment que leur compagnie avait l’intention d’investir à Danville, de développer l’entreprise et de créer des emplois.

Selon le communiqué, des membres du conseil municipal et de l’agence de développement économique de Danville ont d’emblée présenté le projet comme étant adapté au secteur concerné et offrant d’excellentes perspectives de succès.

Les enjeux liés au bruit avaient été pris en considération, et l’entreprise se disait prête à mettre en place toutes les mesures nécessaires pour contrôler les émissions sonores et assurer une cohabitation respectueuse avec le voisinage.

Un groupe de citoyens s’est opposé au projet. Selon la direction de l’entreprise, plusieurs informations communiquées au cours du processus se sont révélées incomplètes, contradictoires ou inexactes.

« Nous sommes extrêmement déçus de constater que des personnes ayant des comportements de cette nature puissent exercer une telle influence dans une Ville et sur le climat entourant un projet d’investissement. Lorsqu’un petit groupe réussit à transformer un débat municipal en campagne d’attaques personnelles, de rumeurs et d’intimidation, ce ne sont pas seulement les promoteurs d’un projet qui en subissent les conséquences : c’est aussi la capacité d’une municipalité à attirer des entreprises et à créer des emplois qui est fragilisée », soulignent les promoteurs, en précisant que leur compagnie a perdu temps et argent dans cette affaire.

Ils ont bien sûr écouté les séances du conseil municipal. « Il a été profondément décevant d’y entendre des citoyens parler de nous comme si nous étions des malfaiteurs, des gens sans cœur ou malhonnêtes. Des histoires sans fondement ont circulé sur notre réputation, notre vie personnelle et notre entreprise, toujours de la part de personnes qui ne nous avaient jamais rencontrés et qui n’avaient jamais visité nos installations. D’autres personnes se sont contentées de créer de fausses informations », de dire les représentants de la compagnie.

Réputation

Bien sûr, cette affaire entache la réputation de Danville dans sa capacité d’accueillir de nouvelles entreprises. La Corporation de développement économique de Danville tente de recoller les pots cassés. Dans ce sens, elle a publié dernièrement un communiqué.

« Face aux affirmations véhiculées dans le cadre de la démarche de changement de zonage visant à pouvoir accueillir l’entreprise JE Métal, la Corporation de développement économique de Danville tiens à affirmer haut et fort que Danville est un endroit où il est avantageux d’investir et que notre communauté est favorable au développement », mentionne-t-on.

Selon la direction de la Corporation, plusieurs gestes concrets ont été posés pour accueillir JE Métal à Danville, comme un soutien au montage financier et le déclenchement d’une démarche de PPCMOI visant à permettre ce genre d’activité sur le site ciblé.

Les promoteurs et la direction de la Corporation de développement économique de Danville ont refusé nos demandes d’entrevue, nous référant à leur communiqué de presse respectif. La mairesse de Danville, Martine Satre, n’a pas voulu commenter pour l’instant. Selon nos informations, le dossier ne serait pas tout à fait fermé : on envisagerait d’autres possibilités.