Saint-Camille — Fortement interpellée par la réalité du coût sans cesse grandissant des unités domiciliaires et donc des enjeux liés à l’accès à la propriété, de même qu’aux prix des terres et aux risques inhérents de voir certaines de celles-ci être délaissées ou même appelées à changer de vocation, la Corporation de développement socioéconomique de Saint-Camille a mis sur pied la démarche collective « Les Arpents Solidaires ».

Inspirés par le modèle développé par l’organisme Foncier Solidaire Brome-Missisquoi, nous avons appris il y a quelques jours que la Corporation camilloise se lance dans une première démarche de réflexion. En effet, un agriculteur de la municipalité, propriétaire terrien de plus de 129 499 m2 (32 acres), a annoncé son intention de mettre en vente sa terre cultivée, laquelle se trouvait dans un secteur où l’ensemble résidentiel était déjà autorisé par la réglementation municipale.

« Sans encadrement collectif, sa vocation agricole risquait d’être fragilisée : la terre aurait pu être lotie et vendue selon une logique résidentielle conventionnelle, possiblement orientée vers des maisons de prestige. Avec Les Arpents solidaires, la Corporation propose une autre voie : regrouper les constructions sur une portion limitée du terrain, partager les infrastructures, préserver environ 75 % de la terre en culture et assurer une maîtrise foncière à long terme. Sur un terrain de 32 acres, le projet prévoit la construction graduelle de 8 habitations bi familiales, soit 16 logements, auxquelles pourraient s’ajouter 4 unités d’habitation accessoires permises par la nouvelle réglementation municipale. Le projet pourrait ainsi accueillir progressivement une vingtaine de ménages, sur un horizon d’environ huit ans. » mentionne la Corporation de développement socioéconomique de Saint-Camille.

« Ces services partagés contribuent à l’abordabilité initiale de l’ensemble. Selon les premières estimations, ces unités pourraient coûter environ 30 % de moins que des résidences unifamiliales isolées comparables. Au-delà des infrastructures, ces habitations regroupées permettent aussi de partager des outils, un garage, des véhicules, un jardin… Bref, de miser sur des relations de bon voisinage », souligna le directeur de la Corporation, Olivier Brière.

Ainsi, c’est donc dire que ces habitations compactes seraient appelées à partager diverses infrastructures et services, tels que le terrain, les puits, champ d’épuration, les accès et potentiellement certains équipements d’utilité collective également. Une autre des caractéristiques importantes du dossier est assurément le fait que la parcelle de terre demeure quant à elle la propriété de l’organisme gestionnaire.

« Le terrain demeurerait toutefois la propriété d’un organisme à but non lucratif chargé de préserver la vocation sociale et agricole du site. L’emphytéose ne serait pas transférable et, en cas de départ du ménage, l’organisme s’engage à racheter la maison selon des règles établies à l’avance, incluant un plafonnement de la plus-value. » Nous a-t-il aussi été possible d’apprendre.

Ajoutons à cela, le fait qu’un tel projet permet également de stimuler et appuyer la relève agricole du milieu. « Les Arpents solidaires nous amènent à réfléchir ensemble à l’avenir de notre communauté. Comment voulons-nous accueillir de nouvelles familles ? Comment faciliter l’accès à des habitations abordables ? Comment contribuer à la vitalité de notre école et de nos services de proximité ? Comment soutenir la relève agricole par l’accès à des terres cultivables et à du logement ? Ce sont ces questions que nous voulons réfléchir avec la communauté », commenta Annik Turmel, présidente de l’organisme. La démarche se poursuit donc […] afin d’imaginer, d’ajuster et de construire le meilleur projet possible pour la communauté.