Parti de presque rien, Mario Côté contrôle désormais entre 12 % et 14 % de la production porcine au Québec — et ce n’est pas son seul champ d’expertise. C’est en 1980, alors qu’il n’a que 19 ans, qu’il fait l’acquisition d’une première ferme, qu’il rénove sous l’égide de sa compagnie de construction, Les Entreprises Verte-Estrie Inc. Depuis, il en a construit de nouvelles presque tous les ans — « mais là je suis rendu vieux », lance-t-il avec le sourire.
La crise porcine des années 80 a pour lui été une importante opportunité — pour laquelle il fallait toutefois de l’audace : il a racheté plusieurs fermes alors à vendre, dans un contexte de surproduction mondiale. Aujourd’hui, l’entreprise établie à Stoke possède plus de 200 fermes (dont une soixantaine en partenariat), des milliers d’acres de terres, des usines de transformation de la viande, des meuneries, des flottes de camions et plusieurs centaines d’employé·es.
Ce qui a motivé une telle expansion ? « Un matin, on était rendus à produire de la ferme à l’assiette », réplique-t-il tout simplement. C’est-à-dire que la compagnie gère toutes les étapes, de la création des gènes d’insémination pour les femelles jusqu’à la mise en marché de la viande, en passant par les pouponnières, l’engraissement, l’abattoir (en partenariat) et les usines de première et deuxième transformation. Le groupe fabrique sa propre moulée, aussi — mais seulement en partie, pour l’instant, considérant ses besoins de 8000 à 10 000 tonnes par semaine.
Parallèlement à sa filière porcine, le Groupe Mario Côté est devenu propriétaire des Canards du Lac-Brome en 2005. Il a depuis plus que triplé leur transformation. Sous le modèle de la ferme à l’assiette encore ici, il en a multiplié les installations en achetant un abattoir à Val-des-Sources et en construisant un nouveau couvoir et plusieurs bâtiments d’élevage.
Groupe Mario Côté, ça a toujours été une affaire de famille. Ses parents faisaient le commerce de porcelets ; aujourd’hui, ses cinq garçons occupent différents postes importants dans la compagnie et en assureront la relève, sa femme est également impliquée depuis les débuts… même que sa mère, octogénaire, continue de venir au bureau tous les jours pour s’occuper de petites tâches : « La business, ça ne se fait pas tout seul, ça prend de l’aide ».
La prochaine étape, c’est encore et toujours l’expansion : « On continue d’acheter des fermes. En fait je viens d’en acheter une il y a cinq minutes, c’est pour ça que je t’ai demandé si on pouvait repousser l’entrevue de trois quarts d’heure ! », conclut-il, souriant et satisfait.
Texte par Benoit Poirier