Richmond - Du 23 mars au 2 avril, plus de 1200 groupes communautaires répartis dans sept régions du Québec, dont l’Estrie, se sont dotés d’un mandat de grève pour cette période. La semaine culminera avec une journée de mobilisation nationale à Québec le 2 avril.

Le Communautaire à boutte! est un mouvement national de grève et de revendications du milieu communautaire. Ce mouvement collectif exige du gouvernement de la reconnaissance par le financement adéquat et le respect que mérite leur rôle essentiel dans la société. Pendant que le gouvernement se contente d’annoncer quelques miettes de financement, les besoins explosent et les organismes communautaires s’épuisent.

Les Tabliers en Folie, organisme de cuisines collectives dans le Val-Saint-François, sonne aussi la sonnette d’alarme.

« Nous sommes un organisme de cuisines collectives et, depuis la pandémie, nous avons hérité du service de dépannage alimentaire pour Richmond et régions, ainsi que la collecte des invendus auprès des épiciers du coin, soutient Myriam Campeau, directrice des Tabliers en Folie. Nous avons eu du financement pour monter le projet, acquérir des infrastructures, bâtir des liens et des partenariats auprès de la population et des organismes du milieu. Cette année, on nous coupe le budget alloué pour les ressources humaines responsables de maintenir le service. On se retrouve devant un dilemme, soit j’utilise une ressource mandatée à faire des cuisines, qui, je le rappelle, est notre mission première, soit on arrête le dépannage alimentaire, après tout ce qu’on a investi il y a un non-sens, assez c’est assez, on est à boutte! »

Pour donner un avant-goût de la perte du service de dépannage alimentaire ou de l’importance des cuisines collectives, l’organisme Les Tabliers en Folie a eu un mandat de grève pour arrêter la collecte des invendus auprès des épiciers, annuler le dépannage du 27 mars ainsi que tous les groupes de cuisines collectives, entre le 23 mars et le 2 avril.

« Notre grève va faire mal à certaines personnes, on en est conscient, conçoit Mme Campeau, mais la perte de notre filet social, pilier essentiel de notre société, est encore plus dangereuse. Le message est sans équivoque : l’urgence d’un financement adéquat est réelle et elle est partagée! » D’autres actions de mobilisations de la part de divers organismes seront à prévoir dans le Val-Saint-François pour cette période.