Windsor (RC) – Une résidante de Windsor, Annie Langevin, est parmi les lauréates du concours Chapeau les filles! et de son volet Excelle Science. Lors du gala de remise des prix nationaux qui se tenait le 3 mars à Montréal, l’étudiante en technique d’usinage au Centre de formation professionnelle de l’Asbesterie s’est vue remettre le prix Équité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, qui est accompagné d’une bourse de 2000 $.
Présente au gala, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, considère que les jeunes lauréates sont des exemples de persévérance et de réussite. « J’adresse mes plus sincères félicitations aux lauréates. Ce sont des jeunes femmes exceptionnelles, des exemples de persévérance et de réussite ».
« J’invite les jeunes Québécoises à fonder leur choix de carrière sur leurs goûts et leurs aptitudes et à oser sortir des sentiers battus. Plus que jamais, le Québec a besoin de main-d’œuvre qualifiée dans un grand nombre de domaines. Ce sont des emplois de qualité qui les attendent », a déclaré la ministre Courchesne.
La générosité des partenaires du concours a permis d’attribuer des prix variant entre 2 000 $ et 5 000 $, ainsi que des stages ou des séjours professionnels hors Québec à soixante femmes ayant choisi d’exercer une profession ou un métier traditionnellement masculins.
Rappelons que le concours Chapeau, les filles! a pour but de favoriser la diversification des choix de carrière des jeunes filles et des femmes et d'encourager celles qui sortent des sentiers battus à persévérer jusqu'à l'obtention de leur diplôme. Le concours se tient dans toutes les régions du Québec et s'adresse aux étudiantes en formation professionnelle au secondaire et en formation technique au collégial.
Les étudiantes universitaires, pour leur part, peuvent participer au volet Excelle Science du concours. Ce concours, qui célèbre ses dix années d’existence en 2009-2010, permet d'attribuer 25 prix à des lauréates venant des établissements universitaires du Québec. Depuis son début, quelque 200 prix ont été remis à de futures ingénieures, physiciennes ou scientifiques, donnant ainsi un autre visage à la science et à la technologie.
Filer un bon coton
Couturière dans une compagnie manufacturière pendant onze ans, Annie Langevin raconte avoir vécu un cauchemar. « Cet emploi me démolissait psychologiquement : je me sentais vulnérable, rabaissée jour après jour et constamment menacée de licenciement, raconte-t-elle. Sans parler des problèmes de santé occasionnés par les mouvements répétitifs. »
Un jour, Annie décide que c'en est trop. Elle décide alors de renouer avec ses anciennes aspirations professionnelles en devenant machiniste dans une industrie d'usinage. À 20 ans, elle avait en effet entrepris une formation dans ce domaine qu'elle a dû malheureusement abandonner pour des motifs personnels. Hélas! sans diplôme, son salaire n'est guère attrayant et, après quelques mois de travail, elle est licenciée pour cause économique. Ce sera tout de même un mal pour un bien puisqu'elle en profite pour terminer sa formation en techniques d'usinage - la clé pour trouver un emploi bien rémunéré.
Retourner aux études n'est pas son premier défi : depuis l'enfance, Annie en a eu plus que sa part. À l'âge de 3 ans, elle est sortie miraculeusement d'un terrible accident qui l'a immobilisée plus d'un an à l'hôpital. Affligée d'un problème cardiaque à la naissance, elle a par ailleurs dû subir une délicate opération à l'adolescence. « Ces épreuves m'ont appris à toujours persévérer, dit-elle. Même après avoir surmonté de graves problèmes de santé, tout est possible! » Y compris embrasser une carrière traditionnellement masculine. Forte de son expérience dans le milieu très féminin de la couture, Annie apprécie côtoyer des hommes, avec lesquels elle se sent plus à l'aise, et file enfin un bon coton.