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31 janvier 2018 - 14:13

Enfin on parle de recyclage

La décision de la Chine de ne plus importer la majeure partie de notre bac de récupération provoque présentement une onde de choc d’une ampleur à laquelle il fallait s’attendre.  Au cours des dernières semaines, presque tous les médias et organismes concernés ont fait état d’une situation particulièrement embarrassante. 

Pendant la dernière année pourtant, Eco-Entreprise nous avait inondés de plusieurs publicités triomphalistes sur la récupération au Québec.  Sans jamais donner d’indication sur ce qui advenait de cette récupération.  Le mot recyclage ne faisait pas partie du vocabulaire.

Avec  le refus de la Chine, nous savons maintenant que cette récupération devait être recyclée ailleurs et qu’elle était tellement mal triée que les chinois ne veulent plus importer nos déchets.  Nous savions déjà que notre verre retournait presque en entier dans les sites d’enfouissement.  (14% recyclé, donc 86% dans les dépotoirs).

Et maintenant, par la force des choses, nous aurons des milliers de tonnes des mêmes déchets en ballots qui vont s’accumuler dans cours des centres de tri. On nous affirme que rien ne sera envoyé dans les sites d’enfouissement.  Ce que d’autres provinces ont déjà commencé à faire.  On nous affirme qu’on aura des débouchés ailleurs, en Inde,  en Thailande,  etc.  Ce sera pour quand, pour combien de temps et à quel prix de revient?  Car on n’a jamais parlé du prix de rendement de ces matières envoyées en Chine.  Est-ce que ça ne nous coûte rien parce que nous serions par hasard exemptés de payer le transport. Les bateaux vides qui retournent en Chine doivent être lestés pour faire le voyage de retour?  On n’a pas parlé non plus du cout en Co2 parce que la grande partie du papier et du plastique exporté sert de combustible.

De plus, nous n’avons pas et nous n’aurons pas avant un moment au Québec les machines qui pourraient améliorer le tri.  Peut-être y en a-t-il quelques unes qui sont en cours d’expérimentation mais dont le coût est très élevé.  Alors pour combien de temps devrons-nous accumuler.  Et possiblement construire des entrepôts gigantesques pour que le matériel ne soit pas soumis aux intempéries.  Des ballots de papier mouillé, ça ne chauffe pas fort.

A la fin, pourquoi ne pas recycler au Québec.  Il y a des usines et des conditionneurs de verre qui veulent du verre propre.  Tout le verre.  Il y a la compagnie Cascades qui affirmait il y a peu de temps qu’elle pourrait recycler tout le papier récupéré au Québec, pourvu qu’il soit propre.  Elle doit importer beaucoup de son papier récupéré d’ailleurs.  La plupart des conditionneurs de plastique sont disparus de la carte parce que le plastique récupéré était trop sale, contaminé surtout par le verre.  Pensons une minute à la création d’emploi liée à ce recyclage local et à l’enrichissement collectif qui en serait la conséquence..

L’objectif déchets- zéro vient de manger un grand coup dans les reins.  Alors pourquoi ne pas repenser à fond le système de cueillette des matières récupérées?  Pourquoi  tout mêler pour ensuite démêler?  Avec la contamination croisée qui s’ensuit.  Einstein disait qu’on ne peut régler un problème par les mêmes causes qui ont engendré le problème. 

Et la question qui tue : À qui profite le maintien d’un système pareil?

Le Comité Opération-Verre-Vert.  Micheline Jeanson, Mariette Bombardier, Viateur Blais, Diane Deschesnes, Jean-Claude Thibault, Gaston Michaud.

 

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