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7 novembre 2017 - 12:46

Continuez de remplir vos bacs bleus : le recyclage est réel!

Sans trop savoir d’où cela vient, il règne dans la région du Val-St-François un mythe, même propagé dans des lettres ouvertes, comme quoi les matières envoyées au bac de récupération finiraient toutes à l’enfouissement. Alors que dans les faits, un centre de tri qui fait une saine gestion de ses matières engendre un taux de rejet qui avoisine plutôt les 12 %, pour la plupart des matières orphelines comme des boyaux d’arrosage, des décorations de Noël. Les emballages, les contenants, les imprimés : ce sont les matières qui vont dans le bac et ce sont celles qui connaissent aisément une deuxième vie grâce au recyclage.  

Certaines matières sont moins prisées que d’autres sur le marché local et c’est pour cette raison, entre autres, qu’environ 60 % des matières traitées en centres de tri au Québec se retrouvent sur le marché de l’export. C’est là que le bât blesse parce qu’avec la crise que traverse le milieu de la récupération depuis la fermeture des frontières chinoises à nos matières, notre défi collectif sera de trouver des débouchés locaux. Quelques centres de tri plus dégourdis s’en sortiront mieux que d’autres, ces derniers ayant déjà travaillé en amont pour sortir des matières de qualité et développer un marché de recycleurs locaux. D’autres, dont le modèle d’affaire tourne autour d’un tri de piètre qualité, ceux-là mêmes qui n’ont pas appris de la crise de 2008, se plaindront dans quelque temps et nous en entendrons largement parler. C’est d’ailleurs déjà commencé.  

La collecte pêle-mêle a entraîné avec elle une augmentation des volumes, mais par conséquent, une baisse de la qualité des matières. Les centres de tri bien gérés ont tiré leur épingle du jeu de cette conjoncture en investissant dans les équipements de tri pour générer des catégories de matières plus propres et plus alléchantes sur le marché local. Un marché plus exigeant, mais plus cohérent. C’est ce marché qu’il faut développer, qu’il faut encourager.

Il est faux de prétendre que le verre termine irrévocablement dans un site d’enfouissement comme matériau de recouvrement. C’est d’ailleurs l’une des matières pour laquelle il y a eu le plus d’investissements en valorisation au cours des dernières années. Mais il est vrai que le verre contamine les autres matières. Il est faux de croire que tous les plastiques prennent le chemin de l’export, mais il est vrai que certaines catégories sont plus recherchées que d’autres. Chaque matière comporte son lot de défis. La compréhension des marchés, la R&D et les investissements en centres de tri prennent alors tous leurs sens.

Décourager les gens à récupérer vient à réduire à néant les efforts des 30 dernières années et ne fait aucun sens. Le meilleur des déchets demeure celui qu’on ne génère pas. Quand le réemploi n’est pas possible, le recyclage reste la meilleure des solutions. Mais pas un recyclage fait à 20 000 km d’ici; un recyclage local, qui créé des emplois ici et qui engendre des produits écoresponsables faits chez nous. Continuons de récupérer, consommons des produits avec un contenu recyclé et voyons cette crise comme une opportunité.

 

Marie-Eve Chapdelaine, citoyenne sensibilisée par la saine gestion des matières résiduelles et employée d’une entreprise de récupération et de recyclage

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