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10 novembre 2015 - 09:14 | Mis à jour : 10:07

GÉNÉALOGIE: Mon nom est personne

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Autrefois, nos ancêtres ne se contentaient pas d’être de simples numéros d’assurance sociale. Ce n’est que depuis 1964 que le gouvernement du Canada numérote ses citoyens pour les identifier. À ce niveau, on ne fait plus affaire avec une personne, mais avec un numéro. Prenez votre numéro et attendez qu’on vous serve si tant est qu’on s’intéresse vraiment à vous servir.

Il arrive parfois que des citoyens doivent quasiment s’excuser auprès de certaines instances gouvernementales pour demander des services payés à même leurs taxes et leurs impôts. Les citoyens numérotés sont littéralement traités comme si les services demandés appartenaient non pas aux contribuables, mais aux fonctionnaires payés pour les exécuter.

Avant la numérotation des personnes, les gens portaient des noms dont ils étaient particulièrement fiers. Avoir un nom permet d’introduire des amis dans la parenté en les invitant comme parrains, marraines ou témoins dans les grands évènements de la vie. Enfants, les amis de la famille étaient tous des mon oncle et des ma tante à tel point que des aînés ne se rappellent plus aujourd’hui quel nom portaient vraiment leurs tantes et leurs oncles. « On les appelait tous mon’onc ou matante quand ils venaient à la maison », disent certains aînés. 

On ne connaissait pas de personnes numérotées dans le temps. Le problème, c’est que de nos jours les amis sont tous confondus dans une masse de numéros de téléphone, se déplacent comme des numéros, travaillent sur des chiffres, vivent comme des numéros, se tuent même dans leurs véhicules numérotés avec leurs numéros de cellulaire dans les mains, et les grands noms de la vie deviennent de plus en plus des banalités sans importance ou de simples faits divers. Les numéros n’ont plus le temps de « venir à la maison ». Les numéros ne se visitent plus. Les numéros travaillent bien.

Beaucoup d’aînés, ayant vécu une époque où un nom faisait la fierté d’une famille, se désolent qu’il n’y ait plus que les funérailles pour se retrouver entre amis. Et encore. Bien souvent, les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas leurs grands-parents, ne savent même pas que ça existe des grands-parents. Les parents ne se marient plus occupés qu’ils sont à s’épuiser pour compter les dollars nécessaires pour vivre. Les parents sont toujours sur la pointe des pieds, ils n’ont pas le temps, ils ne savent plus comment prendre le temps. Les numéros fonctionnent bien, se manipulent bien et tant que personne ne m’interpelle par mon nom au travail, je peux faire n’importe quoi et dormir en paix. Je suis maintenant programmé comme un numéro et je ne sais plus vivre comme une personne. Nos ancêtres ne seraient pas d’accord; mais c’est quoi au fait un ancêtre ?

AJOUT À LA DERNIÈRE CHRONIQUE

Voici la photo qui accompagnait initialement le texte intitulé « Le mois des morts » paru dans L’Étincelle du 4 novembre dernier. Cette pierre de 1868 située au cimetière de Lawrenceville illustrait le propos de M. Blaquière. On pouvait lire en fin de paragraphe : « On aime se souvenir longtemps après leur départ des personnes qui ont été généreuses et bonnes durant leur vie.

Malheureusement, beaucoup de familles oublient vite d’honorer dans les cimetières la mémoire gravée dans la pierre de ceux et celles qui sont à l’origine de leur existence. Les monuments funéraires sont la voix de nos ancêtres. »

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  • Très bel article, on devrait lire ce genre de réflexion plus souvent, Merci de cette publication Michel Purcell

    Michel Purcell - 2015-11-11 07:18